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Les principes de toute démarche d’innovation low-tech

Durabilité forte

Recentre sur l’essentiel et tend vers l’optimum technologique : plus basse intensité et plus grande simplicité technologiques permettant d’assurer les besoins avec un haut niveau de fiabilité

Minimise la consommation d’énergie et de ressources, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie en passant par la production, la distribution et l’utilisation

Présente une viabilité technique, fonctionnelle, écologique et humaine maximale à court, moyen et long terme

Résilience collective

Peut être entretenu et réparé par les utilisateurs eux-mêmes autant que possible, avec des pièces et matériaux standards

Offre une simplicité d’utilisation maximum

Est fabriqué à partir de ressources exploitées et transformées le plus localement possible

Transformation culturelle

Facilite l’appropriation par le plus grand nombre, confère du pouvoir aux citoyens et aux territoires

Favorise le partage de savoirs et de savoir-faire, la coopération, la solidarité, la cohésion sociale et les liens entre collectivités

Décomplexifie la société aux niveaux socio-économique et organisationnel à partir d’une réflexion sur les besoins et les vulnérabilités

À savoir, ces trois piliers peuvent aussi nous permettre de questionner la nature de nos achats, au quotidien.

Vous avez possibilité de télécharger l’infographie regroupant ces informations via la page wikipédia sur les low-tech. Cette image est disponible sous les termes de la licence sous la licence CC BY-SA.

« Techno-discernement » et démarche « low-tech »

Il est pour habitude d’entendre que la démarche « low-tech » serait du « techno-discernement », or, sans précision, l’on se rend vite compte que cette idée porte à confusion. En effet, si le « techno-discernement » ou discernement technologique, se définit selon Philippe Bihouix comme la nécessité de « faire le tri pour n’utiliser les technologies – et donc les précieuses ressources qu’elles mobilisent [et qui se dégradent] – que là où elles sont indispensables ou là où elles apportent un avantage indiscutable » (Bihouix, 2021) ou autrement dit par choisir « la bonne technologie [aussi bien « low-tech » que « high-tech »], au bon endroit et au bon moment » parce qu’il est probable qu’un sevrage technologique global finisse par s’imposer à nous tôt ou tard. Pourquoi, vouloir – même si c’est à juste titre – conserver de la « high-tech » utile (dans les secteurs de la santé, la recherche ou l’armée par exemple), signifierait être dans une démarche « low-tech » ? La démarche « low-tech » n’est-elle pas plutôt une suite logique au « techno-discernement » ?

En outre, il est important de rappeler que le « techno-discernement », tel qu’il est vu par Philippe Bihouix, part surtout du constat qu’il nous faudrait agir comme si l’on pouvait vaincre l’entropie matière-énergie, afin d’anticiper et adoucir le sevrage technologique global des prochaines années et décennies à venir. Et non pas, d’une croyance qu’un enrichissement technologique des sociétés serait souhaitable, et possible grâce à une bonne répartition des ressources et une « high-tech » plus sobre.

Une expérience de pensée peut permettre de comprendre que le « techno-discernement » pourrait tout aussi pousser à encore davantage de « high-tech » utile. Ainsi, une part de la population vivant dans une société « low-tech » (au sens strict) pourrait légitimement, faire preuve de « techno-discernement », en décidant d’allouer, si elle en avait les moyens, des ressources afin d’obtenir de la « high-tech » utile dans certains secteurs clés. Pour autant, il est difficile de dire que cette volonté serait née d’une démarche « low-tech », puisque l’on renchérirait technologiquement la société, et ce même si cette volonté partait d’un sentiment d’utilité. Par conséquent l’on peut dire que la démarche « low-tech » et le fait de vouloir conserver de la « high-
tech » utile, sont donc certainement plutôt des suites logiques au « techno-discernement », que du discernement technologique en elles-mêmes.

Bibliographie

Bihouix Philippe. Le mythe de la smart city écologique. Enjeux numérique – N°16, publiéen décembre 2021. Disponible sur : https://annales.org/enjeux-
numeriques/2021/en-2021-12/2021-12-13.pdf

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